Ténèbres sur Sethanon (#3 La guerre de la faille), R.E. Feist


⛔ Spoilers !!! ⛔

La quête du Silverthorn a été couronnée de succès, et la Princesse Anita sauvée. Mais le prince Arutha sait que les forces du mal n’y ont pas dit leur dernier mot : Les faucons de la nuit, une dangereuse guilde d’assassins, sont de retour et rôdent DANS LES rues de Krondor, tandis qu’au nord l’armée des ténèbres vient de se mettre en marche. Seule la magie pourra peut-être sauver Midkemia des assauts et sortilèges du TERRIBLE nécromant Murmandamus… Pug, Le puissant magicien, et Tomas, le guerrier héritier des seigneurs dragons Valherus, entreprennent alors une quête désespérée. car voici venir l’Ennemi, surgi du fond des âges pour reprendre ce qui lui appartenait …

Genre : fantasy

512 pages


Troisième livre d’un sous-cycle issu d’une saga dantesque qui compte plus d’une trentaine de volumes (on respire),  Ténèbres sur Sethanon a souvent failli me perdre en cours de lecture … comme il aura su terriblement m’accrocher sur quelques pages. Étrangement, alors que ma lecture stagnait depuis plusieurs jours, je me suis décidée à en lire quelques pages mercredi après-midi, et j’ai été happé par un moment du récit incroyable, un pur instant de bravoure fantasy-que (c’est pas dans le dictionnaire, merci) nous relatant d’une manière dingue le siège d’une ville de son début à sa toute fin. Stratégie militaire, batailles, grand-huit émotionnel des victoires et des défaites, j’en suis sortie toute retournée. Qu’on se le dise, R.E. Feist est bougrement bon parfois.

Old but gold : capture d’écran glanée sur le net d’un jeu 90’s tiré de la saga.

Ce troisième tome donc. Deux années ont passé depuis le retour du prince Arutha et sa joyeuse compagnie à Krondor. Lui est un jeune père et savoure une quiétude bien méritée. Pourtant, il le sait, la paix est loin d’être acquise. C’est bien évidemment le jeune (ex) voleur Jimmy les mains vives – personnage toujours très sympa à suivre – qui va mettre le doigt sur le complot en préparation. Il leur faut alors partir. 

L’action se met donc en place lentement, de manière quasi-identique à ce qu’elle était dans Silverthorn – le deuxième tome, si ce n’est que cette fois, il s’agit de sauver l’entièreté du Royaume. 

Suivre ces compagnons reste agréable : chacun à son propre caractère, ses propres aspirations et convictions, et le prince Arutha – que j’appréciais déjà beaucoup – est tout simplement devenu mon personnage favori & adoré. Feist l’a sacrément bien dépeint, en faisant de lui cet homme de grands principes, prompt au sacrifice de quelques-uns mais pourtant dénué de froideur, tout en retenu. 


Deux autres protagonistes sont aussi au cœur du récit, monopolisant de temps à autre un chapitre de leur point de vue : Pug et Thomas. Personnages principaux du premier tome (Magicien), enfants partis d’absolument rien devenus totalement surpuissants (et le mot est faible), et très sûrement amenés à avoir (encore) un rôle important dans la suite du cycle, il s’avère que … aïe, j’ai détesté les passages les concernant, si bien que j’en ai sauté la plupart. Pourquoi ? Simplement car Feist m’y donne l’impression de s’y auto-parodier, de plonger les-deux-mains-les-deux-pieds-joints dans tous les clichés qui s’offrent à lui. On alterne ainsi ellipses spatio-temporels interminables, rencontres avec des Dieux et des morts, engeances en tout genre … Et absolument rien ne semblent résister à nos deux héros, en pleine promenade de santé. J’ai eu beaucoup de mal à comprendre leurs pérégrinations, puis à m’y intéresser, puis à y croire. En gros, cela nous donne ce genre de phrases un peu lourdaudes :

« Les deux hommes savaient qu’ils n’étaient pas dans ce que Pug appelait « l’espace réel ». En réalité, ils se trouvaient dans ce néant gris que le magicien avait découvert quand il avait, avec l’aide de Macros, refermé la faille qui joignait Kelewan et Midkemia. Mais cette grisaille n’avait pas de substance, car elle n’était que le vide qui séparait les mailles de la trame de l’espace-temps. »
Ça ne m’a pas empêché de comprendre l’histoire, mais honnêtement, sauter des paragraphes et des pages ne fait pas partie de mes pratiques livresques favorites ! Si cela m’arrive sur une autre lecture, je l’abandonne. Ici, impossible car l’autre partie du récit me plaisait ! Le total de tout cela m’a donné un sentiment étrange. Impossible alors de dire que j’ai adoré la fin de ce cycle, puisque ce n’est pas dans son entièreté.  

VERDICT : RATTRAPEE PAR L’ENNUI !

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