Du domaine des murmures, Carole Martinez

du domaine des murmuresGenre : Historique

226 pages

« En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui » : elle veut faire respecter son voeu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe… Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l’entraînera jusqu’en Terre sainte. »


Nous sommes au XIIème siècle. Fille unique d’un petit seigneur et d’une mère morte en couches lorsqu’elle avait moins d’une dizaine d’années, Esclarmonde a grandi cachée, « préservée » des regards extérieurs par un père qui l’aime bien trop. Mais elle a désormais quinze ans, et il est temps pour elle de se marier. Son père croit avoir trouvé le prétendant parfait : Lothaire, un jeune homme de bonne famille mais de mauvaise réputation. Esclarmonde, se sentant emprisonnée de toute part, ne voit qu’une seule issue : s’offrir à Dieu. Lors de la cérémonie de mariage, après s’être coupée une oreille en hommage à une Sainte, elle fait construire une chapelle, ainsi qu’une cellule attenante, dans laquelle elle désire rester enfermée pour le restant de ses jours. Poursuivre la lecture « Du domaine des murmures, Carole Martinez »

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Boudicca, Jean-Laurent Del Socorro

Illustration de couverture par Yana Moskaluk
« Angleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ? À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte. »
Genre : Historique
280 pages
« Alors que la rencontre avance vers son issue inévitable, j’observe, inquiète, l’absence de femmes dans les rangs des Romains. En nous soumettant à l’empereur Claudius, les rois renoncent à leur autonomie mais gardent leurs privilèges. J’ai le sentiment que les reines perdront davantage si elles ne font rien pour défendre leur place dans ce monde que l’aigle veut façonner à son image. »

Biographie historique et onirique : la formule ne pouvait pas être meilleure, tant elle est juste. Je ne connaissais pas vraiment le personnage de Boudicca/Boadicée/Boadicea avant de lire ce court roman, alors qu’elle est encore considérée comme un mythe national en Angleterre.

Nous sommes dans les premières années après J.-C., l’Empire Romain semble à son apogée et son pouvoir s’étend jusque l’île de Bretagne. Après avoir longtemps résisté, les habitants autochtones de l’île finissent par accepter de devenir des royaumes-clients de l’Empire. Cela veut dire qu’ils sont sous le joug de l’Empire, mais que les rois et reines n’en gardent pas moins un certain statut d’origine.

Les clans celtes.

Boudicca est la fille du roi des Icènes (Iceni sur la carte), puis à la mort de son père, la reine. Alors que son clan est indépendant durant son enfance, elle voit, dans sa vie d’adolescente et d’adulte, les Romains envahir ses Terres et passer des accords commerciaux avec les siens, ce qui les enrichit mais les met aussi face à certains problèmes : la soumission bien sûr, mais aussi les changements de mœurs ou purement culturels. Elle prendra plusieurs fois les armes contre eux, d’abord de manière relativement esseulée, puis petit à petit, réussira à faire naître un esprit de rébellion.

Boadicée et ses filles, Londres.

L’auteur, J.-L. Del Socorro, fait le pari audacieux de prendre pour matériel de base un personnage et des faits historiques sur lesquels on sait assez peu de choses (d’après ce que j’ai pu lire, les preuves archéologiques notamment, ne sont pas légions, tout comme les témoignages écrits), et d’y ajouter des éléments fictifs.
Il y distille ça et là quelques éléments de fantasy, et il faut dire que les histoires et légendes celtes s’y prêtent particulièrement bien – je pense notamment au Druidisme – puisqu’elles sont elles-mêmes souvent les inspirations de la plupart des romans de fantasy !
Sa plume est une belle découverte : il arrive à conserver cette distance (pourtant périlleuse) que le poids de l’Histoire demande, tout en réussissant à s’approprier l’héroïne, sans trop embellir le tout. Boudicca a sa part de mystères et de noirceur, et c’est une chose que j’ai fort appréciée.

Une très bonne recette, puisqu’on obtient un roman à la fois instructif, fort (quelle héroïne !), épique et à lire d’une traite.

VERDICT : HAUTEMENT RECOMMENDABLE !