Les mots entre mes mains, Guinevere Glasfurd

« Quand Helena Jans van der Strom arrive à Amsterdam pour travailler chez un libraire anglais, la jeune femme, fascinée par les mots, a appris seule à lire et à écrire. Son appétit pour la vie et sa soif de connaissance trouveront des échos dans le cœur et l’esprit du philosophe René Descartes. Mais dans ce XVIIe siècle d’ombres et de lumières, où les penseurs sont souvent sévèrement punis, où les femmes n’ont aucun droit, leur liaison pourrait les perdre. Descartes est catholique, Helena protestante. Il est philosophe, elle est servante. Que peut-être leur avenir ? A partir d’une histoire d’amour avérée et méconnue, Guinevere Glasfurd dresse le portrait fascinant d’une femme lumineuse en avance sur son temps. Un roman de passion et de liberté sur fond de fresque envoûtante des Pays-Bas au « siècle d’or ». »


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Les + : Une belle retranscription d’une époque ; un sujet original.

Les – : Un poil trop de romance au détriment de sujets très intéressants.Lire la suite »

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Courir sur la faille, Naomi Benaron

« Jean Patrick Nkuba rêve de devenir le premier Rwandais à courir aux Jeux Olympiques. Mais Jean Patrick est un Tutsi, et les gens comme lui ne sont pas censés gagner. Lorsque l’assassinat du Président plonge le pays dans un chaos sanglant opposant les Hutus et les Tutsis, Jean Patrick se trouve sans protection… et sans choix. La seule solution : se faire passer pour hutu grâce à une fausse carte d’identité ethnique pour échapper aux génocidaires. Mais peut-on renier ses origines ? Alors que les tensions ne cessent de monter dans la violence et dans la haine, il s’accroche à son rêve de devenir le premier médaillé olympique pour délivrer son peuple et lui-même de la brutalité qui les entoure. Un voyage terrifiant commence pour lui, sa famille, et la femme qu’il aime. Les retrouver sera la course de sa vie. »Lire la suite »

Royaume de vent et de colères, Jean-Laurent Del Socorro

« 1596. Deux ans avant l’édit de Nantes qui met fin aux guerres de Religion, Marseille la catholique s’oppose à Henri IV, l’ancien protestant. Une rébellion, une indépendance que ne peut tolérer le roi. À La Roue de Fortune se croisent des passés que l’on cherche à fuir et des avenirs incertains : un chevalier usé et reconverti, une vieille femme qui dirige la guilde des assassins, un couple de magiciens amoureux et en fuite, et la patronne, ancienne mercenaire qui s’essaie à un métier sans arme. Les pions sont en place. Le mistral se lève. La pièce peut commencer. »Lire la suite »

Du domaine des murmures, Carole Martinez

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« En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire « oui » : elle veut faire respecter son voeu de s’offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe… Loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l’entraînera jusqu’en Terre sainte. »

 


Nous sommes au XIIème siècle. Fille unique d’un petit seigneur et d’une mère morte en couches lorsqu’elle avait moins d’une dizaine d’années, Esclarmonde a grandi cachée, « préservée » des regards extérieurs par un père qui l’aime bien trop. Mais elle a désormais quinze ans, et il est temps pour elle de se marier. Son père croit avoir trouvé le prétendant parfait : Lothaire, un jeune homme de bonne famille mais de mauvaise réputation. Esclarmonde, se sentant emprisonnée de toute part, ne voit qu’une seule issue : s’offrir à Dieu. Lors de la cérémonie de mariage, après s’être coupée une oreille en hommage à une Sainte, elle fait construire une chapelle, ainsi qu’une cellule attenante, dans laquelle elle désire rester enfermée pour le restant de ses jours.Lire la suite »

Boudicca, Jean-Laurent Del Socorro

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Illustration de couverture par Yana Moskaluk
« Angleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ? À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte. »
Genre : Historique
280 pages
« Alors que la rencontre avance vers son issue inévitable, j’observe, inquiète, l’absence de femmes dans les rangs des Romains. En nous soumettant à l’empereur Claudius, les rois renoncent à leur autonomie mais gardent leurs privilèges. J’ai le sentiment que les reines perdront davantage si elles ne font rien pour défendre leur place dans ce monde que l’aigle veut façonner à son image. »

Boudicca est la fille du roi des Icènes (Iceni sur la carte), puis à la mort de son père, la reine. Alors que son clan est indépendant durant son enfance, elle voit, dans sa vie d’adolescente et d’adulte, les Romains envahir ses Terres et passer des accords commerciaux avec les siens, ce qui les enrichit mais les met aussi face à certains problèmes : la soumission bien sûr, mais aussi les changements de mœurs ou purement culturels. Elle prendra plusieurs fois les armes contre eux, d’abord de manière relativement esseulée, puis petit à petit, réussira à faire naître un esprit de rébellion.

L’auteur, J.-L. Del Socorro, fait le pari audacieux de prendre pour matériel de base un personnage et des faits historiques sur lesquels on sait assez peu de choses (d’après ce que j’ai pu lire, les preuves archéologiques notamment, ne sont pas légions, tout comme les témoignages écrits), et d’y ajouter des éléments fictifs.
Il y distille ça et là quelques éléments de fantasy, et il faut dire que les histoires et légendes celtes s’y prêtent particulièrement bien – je pense notamment au Druidisme – puisqu’elles sont elles-mêmes souvent les inspirations de la plupart des romans de fantasy !
Sa plume est une belle découverte : il arrive à conserver cette distance (pourtant périlleuse) que le poids de l’Histoire demande, tout en réussissant à s’approprier l’héroïne, sans trop embellir le tout. Boudicca a sa part de mystères et de noirceur, et c’est une chose que j’ai fort appréciée.

Une très bonne recette, puisqu’on obtient un roman à la fois instructif, fort (quelle héroïne !), épique et à lire d’une traite.

 

 

VERDICT : HAUTEMENT RECOMMENDABLE !

Le Lion de Macédoine – intégrale, David Gemmell

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« Quatre cents ans avant Jésus-Christ. Sparte l’orgueilleuse, la cité guerrière, célèbre ses victoires… et plus personne n’écoute les oracles. Pourtant les présages se multiplient. Une guerre se prépare. Plus terrible que toutes celles qui n’ensanglanteront jamais la Grèce, elle mettra en jeu le sort de l’humanité. Le Dieu Noir s’est éveillé, il patiente dans l’ombre. Lorsqu’il prendra forme humaine, le mal déferlera sur le monde. Mais il reste un ultime espoir. Qui en sera porteur ? Xénophon, le glorieux général athénien ? Tamis, la sombre prêtresse qui manipule les fils de la destinée ? Ou Parménion, ce jeune sang-mêlé qui ose tenir tête aux descendants des rois… »

Genre : Fantasy 
Livre audio (environ 781 pages, soit 18 heures d’écoute) 

Pour ma toute première écoute d’un livre audio, j’ai choisi de me replonger dans une histoire que je connais bien, pour l’avoir lue il y a quelques années. Unique Gemmell de ma bibliothèque, c’est aussi un sacré morceau (781 pages avec police minuscule dans mon édition intégrale de chez Mnémos) que j’avais envie de redécouvrir. Le format du livre audio a été parfait pour ça.

Nous suivons TRÈS principalement le personnage de Parménion, jeune sang-mêlé mi-sparte, mi-macédonien. Habitant à Sparte justement, il y a toujours été traité comme un paria par les autres habitants et par ses camarades de caserne. Car Parménion est un apprenti soldat, et très doué en plus. Excellent combattant et stratège prodige, ses multiples talents suscitent jalousie et ressentiment, et son caractère excessif n’arrange rien. Aussi, lorsqu’il se distingue au détriment du fils du Roi lors d’une épreuve prestigieuse, sa vie est rapidement mise en péril et il finit par quitter la cité, direction Thèbes, où son incroyable destinée auprès des plus grands commence.

La narration change parfois de point de vue pour nous rapprocher de Tamis, une vieille prêtresse qui a de bien sombres présages à empêcher. En effet, une entité mystérieuse, « l’esprit du Chaos« , met lentement en place son arrivée, pour semer le trouble parmi les Hommes.

Ce qui est fascinant dans ce livre qui s’inscrit dans la mouvance plus mythologique/antique de la fantasy est que Parménion a réellement existé. Général émérite sous Philippe II de Macédoine, puis sous celui de son fils Alexandre le Grand, il a vécu dans la période entre -400 et -300. Si les historiens connaissent plutôt bien son destin à l’âge adulte, bien peu de choses sont avérés sur le déroulement de son enfance et de son adolescence, ainsi que de ses jeunes années. Et c’est là que la plume et l’imagination de David Gemmell entrent en jeu. Sobriété pour la rigueur historique alternant avec phases magiques pures, l’utilisation de l’Histoire avec un grand H est parfaitement dosée, et l’on navigue sans cesse entre merveilleux et action. Gemmell a un réel don pour relater les batailles, qu’elles impliquent peu d’adversaires ou qu’elles soient titanesques. 
 
Tout le long du récit, un défilé des Grands de l’époque s’orchestrent, avec parfois les deux pieds dans la fantasy ; je pense notamment à ce moment hors-norme avec Aristote, et les gorgones, minotaures et autres centaures qui rôdent par-ci par-là. 
  
Malheureusement, le récit n’est pas exempt de défauts. Les faits historiques relatés, dans lesquels Gemmell nous explique en détail le rôle essentiel (et fictif), surtout dans la période Alexandre, prennent un air d’énumération machinale. L’histoire d’amour est maladroite et les émotions ne sonnent pas justes.
 
Et l’expérience audio ? Cela a été indéniablement plaisant, car avant tout, la voix était parfaite et m’a bien accroché. Cependant, je ne suis pas totalement sûre de réitérer la chose. Écouter un livre audio sans rien faire de mes mains m’a quelque peu lassé au bout d’un moment, alors je me suis adonnée à d’autres tâches en même temps, et mon attention a eu tendance à baisser. Le format ne m’est tout simplement pas forcément adapté.
 

VERDICT : PAS EXEMPT DE DEFAUTS !