Le Lion de Macédoine – intégrale, David Gemmell

Le lion de macédoine
« Quatre cents ans avant Jésus-Christ. Sparte l’orgueilleuse, la cité guerrière, célèbre ses victoires… et plus personne n’écoute les oracles. Pourtant les présages se multiplient. Une guerre se prépare. Plus terrible que toutes celles qui n’ensanglanteront jamais la Grèce, elle mettra en jeu le sort de l’humanité. Le Dieu Noir s’est éveillé, il patiente dans l’ombre. Lorsqu’il prendra forme humaine, le mal déferlera sur le monde. Mais il reste un ultime espoir. Qui en sera porteur ? Xénophon, le glorieux général athénien ? Tamis, la sombre prêtresse qui manipule les fils de la destinée ? Ou Parménion, ce jeune sang-mêlé qui ose tenir tête aux descendants des rois… »

Genre : Fantasy 
Livre audio (environ 781 pages, soit 18 heures d’écoute)

Pour ma toute première écoute d’un livre audio, j’ai choisi de me replonger dans une histoire que je connais bien, pour l’avoir lue il y a quelques années. Unique Gemmell de ma bibliothèque, c’est aussi un sacré morceau (781 pages avec police minuscule dans mon édition intégrale de chez Mnémos) que j’avais envie de redécouvrir. Le format du livre audio a été parfait pour ça.

Nous suivons TRÈS principalement le personnage de Parménion, jeune sang-mêlé mi-sparte, mi-macédonien. Habitant à Sparte justement, il y a toujours été traité comme un paria par les autres habitants et par ses camarades de caserne. Car Parménion est un apprenti soldat, et très doué en plus. Excellent combattant et stratège prodige, ses multiples talents suscitent jalousie et ressentiment, et son caractère excessif n’arrange rien. Aussi, lorsqu’il se distingue au détriment du fils du Roi lors d’une épreuve prestigieuse, sa vie est rapidement mise en péril et il finit par quitter la cité, direction Thèbes, où son incroyable destinée auprès des plus grands commence.

La narration change parfois de point de vue pour nous rapprocher de Tamis, une vieille prêtresse qui a de bien sombres présages à empêcher. En effet, une entité mystérieuse, « l’esprit du Chaos« , met lentement en place son arrivée, pour semer le trouble parmi les Hommes.


Ce qui est fascinant dans ce livre qui s’inscrit dans la mouvance plus mythologique/antique de la fantasy est que Parménion a réellement existé. Général émérite sous Philippe II de Macédoine, puis sous celui de son fils Alexandre le Grand, il a vécu dans la période entre -400 et -300. Si les historiens connaissent plutôt bien son destin à l’âge adulte, bien peu de choses sont avérés sur le déroulement de son enfance et de son adolescence, ainsi que de ses jeunes années. Et c’est là que la plume et l’imagination de David Gemmell entrent en jeu. Sobriété pour la rigueur historique alternant avec phases magiques pures, l’utilisation de l’Histoire avec un grand H est parfaitement dosée, et l’on navigue sans cesse entre merveilleux et action. Gemmell a un réel don pour relater les batailles, qu’elles impliquent peu d’adversaires ou qu’elles soient titanesques. 
 
Tout le long du récit, un défilé des Grands de l’époque s’orchestrent, avec parfois les deux pieds dans la fantasy ; je pense notamment à ce moment hors-norme avec Aristote, et les gorgones, minotaures et autres centaures qui rôdent par-ci par-là. 
 
 
 
Malheureusement, le récit n’est pas exempt de défauts. Les faits historiques relatés, dans lesquels Gemmell nous explique en détail le rôle essentiel (et fictif), surtout dans la période Alexandre, prennent un air d’énumération machinale. L’histoire d’amour est maladroite et les émotions ne sonnent pas justes.
 
 
Et l’expérience audio ? Cela a été indéniablement plaisant, car avant tout, la voix était parfaite et m’a bien accroché. Cependant, je ne suis pas totalement sûre de réitérer la chose. Écouter un livre audio sans rien faire de mes mains m’a quelque peu lassé au bout d’un moment, alors je me suis adonnée à d’autres tâches en même temps, et mon attention a eu tendance à baisser. Le format ne m’est tout simplement pas forcément adapté.
VERDICT : PAS EXEMPT DE DEFAUTS !


 

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Bilbo le Hobbit, J.R.R. Tolkien

Bilbo le hobbit
« Bilbo, comme tous les hobbits, est un petit être paisible qui n’aime pas être dérangé quand il est à table. Mais un jour, sa tranquillité est troublée par la venue d’un magicien nommé Gandalf, et de treize nains barbus qui n’ont qu’une idée en tête : récupérer le trésor de leurs ancêtres, volé par Smaug le dragon sur la Montagne Solitaire. Suite à un malentendu, Bilbo se retrouve malgré lui entraîné dans cette périlleuse expédition. »

Genre : Fantasy
312 pages

 

 
Voilà donc un livre que j’adore, mais qui n’avait pas quitté sa chaude et douillette étagère depuis des années … à l’image de Bilbo et sa petite maison !
Bilbo EST un hobbit. Par essence, il déteste tout ce qui a trait à l’aventure, au bouleversement des habitudes et au changement du train-train quotidien. Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’un jour, Gandalf, son ami magicien, vient solliciter son aide, bientôt suivi par treize nains. La (re)quête est la suivante : les aider, par ses talents de chapardeur, à récupérer le trésor perdu de leur Peuple, garder par le terrible dragon Smaug, non loin de la (terrible elle aussi) Montagne Solitaire. Bilbo finit par accepter, quelque peu contraint, et le voici parti à vivre une année d’une aventure qu’il n’aurait jamais imaginé.
« Dans un trou vivait un hobbit » … Ce sont ses six petits mots cultes qui nous lancent dans ce récit passionnant, raconté par le grand conteur qu’est Tolkien.

Suivre les aventures de Bilbo est un plaisir. Ce Hobbit entre deux âges n’a rien d’un aventurier téméraire ou d’un combattant fougueux, et c’est ce qui fait que l’on s’identifie à lui très facilement. Même s’il n’est pas le narrateur, nous ne connaissons que son point de vue, si bien que certains détails important pour l’histoire future du Seigneur des Anneaux ne sont vus qu’à sa hauteur.

Gif Bilbo

 

Nous avons aussi le plaisir de rencontrer Gandalf, personnage connu de tous pour ses exploits et son aura quelque peu mystique, puisqu’il est bien plus que le simple et facétieux magicien humain dont il a l’air. Plus que jamais ici (et même s’il me semble que J.K. Rowling le conteste un peu), il m’a tant fait penser à Dumbledore ..!
Les Nains, au nombre de treize, ne sont pas en reste. Promis, vous n’aurez pas besoin de retenir tous les prénoms de cette joyeuse compagnie. Thorïn Oakenshield tient forcément la vedette, en tant qu’héritier de la couronne, et même si certains sont plus en retrait que d’autres, il est quand même possible de s’attacher à cette petite troupe plus que nous ne le pensions au début.
Le sommet du livre, si nous exceptons la magnifique bataille de fin, est bien sûr la rencontre entre Gollum et Bilbo, au cours de laquelle le Précieux, l’Anneau Unique, refait surface. Les deux, dans un chapitre savoureux, s’en disputeront la possession par un savant jeu d’énigmes sans comprendre quel est le terrible objet pour lequel ils jouent.
Que puis-je encore dire ? Se plonger dans ce classique de la fantasy, c’est à la fois un plaisir simple, un très bon préambule au Seigneur des Anneaux, puis aussi une manière de comprendre ce qui influence encore tant d’auteurs que l’on aime aujourd’hui.
VERDICT : FORCEMENT CULTE !

 

 

Quelques illustrations par Tolkien himself.

Mes vrais enfants, Jo Walton

Mes vrais enfants, Jo Walton« Née en 1926, Patricia Cowan finit ses jours dans une maison de retraite. Très âgée, très confuse, elle se souvient de ses deux vies. Dans l’une de ces existences, elle a épousé Mark, avec qui elle avait partagé une liaison épistolaire et platonique, un homme qui n’a pas tardé à montrer son véritable visage. Dans son autre vie, elle a enchaîné les succès professionnels, a rencontré Béatrice et a vécu heureuse avec cette dernière pendant plusieurs décennies. Dans chacune de ces vies, elle a eu des enfants. Elle les aime tous… Mais lesquels sont ses vrais enfants : ceux de l’âge nucléaire ou ceux de l’âge du progrès? Car Patricia ne se souvient pas seulement de ses vies distinctes, elle se souvient de deux mondes où l’Histoire a bifurqué en même temps que son histoire personnelle. »
 
Genre : Uchronie
352 pages
 
Le nom de Jo Walton vous dit quelque chose ? Elle est l’auteure de Morwenna, livre qui a connu un grand succès sur la blogosphère il y a de cela quelques années … et qui est depuis tout ce temps dans ma PAL. Peut-être l’en sortirai-je un jour, car Mes vrais enfants m’a fait plutôt bonne impression. 
 
Patricia est un drôle de personnage. Vieille femme, elle n’a non pas une vie à se remémorer, mais deux, qu’elle compartimente parfaitement. Ainsi, difficile de savoir si elle a été cette femme mariée malheureuse, mais évoluant dans un monde qui a appris à vivre en paix, où les armes nucléaires disparaissent au profit de lois progressistes, ou si elle a été cette femme éperdument amoureuse d’une autre (Bee, un personnage vraiment bien écrit) , follement heureuse en ménage mais évoluant dans un monde où l’utilisation de l’arme atomique se répète sans cesse aux quatre coins du globe jusqu’à mettre la santé des terriens en péril. D’autant plus que dans la maison de retraite où elle se trouve, elle reçoit la visite de chacun de ses enfants, et que parmi le personnel médical, personne n’a envie de s’intéresser à ses divagations de femme sénile. 

Mes vrais enfants est indéniablement un roman engagé. Ce système habile de narration permet d’aborder un large spectre de sujets, comme l’homosexualité, l’importance du pacifisme (après lecture, il est indéniable que l’auteure l’est), le SIDA, la famille, la terreur que représente le nucléaire (ça fait froid dans le dos quand on y pense !), l’émancipation, le féminisme, le traitement des personnes âgés et malades, et tellement d’autres … 
 
Du côté purement uchronie, en tant qu’amatrice, j’ai été ravie de chercher ça et là les différences plus ou moins flagrantes avec notre histoire. Le livre interroge forcément : que serait devenu le monde si tel ou tel évènement s’était déroulé différemment ? Petites histoires dans la Grande et influence de l’Histoire dans les petites, ce roman nous offre de vrais moments d’émotions et d’interrogation. 
 
Mais, alors, pourquoi ne suis-je pas complètement conquise ? Je n’ai absolument rien à reprocher à l’écriture de Jo Walton, qui est fluide et simple. Seulement, il me semble que le trop grand nombre de thèmes abordés a parfois un mauvais impact sur la narration, transformant ce récit TRÈS chronologique en une simple énumération de faits. C’est tout à son honneur de vouloir aborder tant de sujets essentiels, mais en un seul roman de 35à pages ? J’avais un peu l’impression de la voir, avec une liste des choses à dire, et de cocher chaque fois qu’un paragraphe abordait le sujet donné. Et dans ces moments-là, ma lecture m’a semblé beaucoup moins agréable. 
 
 
VERDICT : UN PEU QUITTE OU DOUBLE !