#1 P.A.L.M. (Pile à Lire Mensuelle) – Août 2017

Bienvenue dans le rendez-vous de toutes les espérances et des desseins les plus loufoques ! Le mois dernier, alors que je m’étais objectivée sur un total de cinq lectures, je n’ai lu que trois livres. La faute à Imriel tome 1 qui fait près de 1 000 pages et à une petite panounette de lecture comme il en arrive de temps à autre.Lire la suite »

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Les disparus de Clairdelune (La passe-miroir #2), Christelle Dabos

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Θ Attention, il s’agit d’une chronique portant sur un tome deux Θ

 

« Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité. »

Après un tome un très plaisant, c’est sans tarder que je me suis plongée dans celui-ci, dans le cadre du challenge organisé sur Livraddict. Comment vous donner un premier ressenti exact et concis de mon sentiment ? Peut-être pourrais-je vous dire que j’ai immédiatement acquis le tome trois et que j’en commence la lecture ce soir ?Lire la suite »

L’héritier de Kushiel (Imriel #1), Jacqueline Carey

imriel t1« Imriel est le fils adoptif de Phèdre, l’Élue de Kushiel. Enlevé, torturé et réduit en esclavage lorsqu’il n’était qu’un enfant, Imriel est aujourd’hui prince du sang. À la Cour où se trament mille conspirations, nombreux sont ceux qui souhaitent sa mort – de peur qu’il n’ait hérité des dons maléfiques de sa véritable mère, Melisande.
Alors qu’il approche de l’âge d’homme et que s’éveillent en lui des désirs de plus en plus vifs, Imriel en vient à partager leurs craintes et se trouve piégé au coeur d’une trame de meurtres et de manipulations où il devra faire face au plus grand des défis : découvrir sa véritable nature. »

« Ah Elua », me suis-je dit en refermant ce tome 1. J’étais si intensément immergée dans ma lecture que j’en ai fait appel à l’un de Dieux du pays du héros, Terre d’Ange.

Comme le montre assez bien la carte au début du livre, Jacqueline Carey a repris pour elle notre bonne vieille Terre, renommant les pays la composant. Cependant, les hommes y vivent sous des croyances différentes des nôtres (mais pas si éloignées), le tout dans une ambiance mélangeant antiquité et renaissance, hauts-faits et érudition en tout genre. Un soupçon de magie, d’uchronie et de mysticisme au passage, et nous voici partis pour 1 000 pages d’aventures follesLire la suite »

Les fiancés de l’hiver – La passe-miroir livre 1, Christelle Dabos

Couverture par Laurent Gapaillard
« Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l’Arche d’Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel. »
 
Genre : Fantasy

519 pages

C’est grâce à une LC organisée sur Livraddict que je me suis décidée à découvrir La passe-Miroir, qui n’avait même jamais fait partie de ma wish-list. 

Suivre Ophélie est un bonheur. Christelle Dabos est un génie. Voilà, je pourrai m’arrêter là …

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L’héritage des Rois-passeurs, Manon Fargetton

Couverture par Marc Simonetti ❤
« La dernière héritière d’une lignée royale doit fuir notre monde et retourner dans celui de ses ancêtres pour échapper aux hommes qui veulent l’éliminer. Là-bas, une princesse rebelle rentre chez elle pour prendre ce qui lui est dû : le trône d’Ombre. Voici l’histoire de deux femmes, de deux mondes imbriqués, de deux retours simultanés qui bouleverseront une fois de plus le destin tortueux du royaume d’Ombre. Coïncidence, ou rencontre orchestrée de longue date ? »
 
Genre : Low fantasy
376 pages 
 



Comme cela fait du bien de ne pas ENCORE s’embarquer dans une énième saga fantasy, de lire un livre avec un vrai début et une vraie fin, sans redouter le fait que d’autres tomes nous attendent derrière …

Je ne sais pas si c’est le cas pour tout le monde (dites oui, pitié !) : quand j’étais ado, je me suis rêvée ne pas simplement être la petite Mahault mais l’héritière secrète d’un royaume situé dans un autre monde.
Je remercie Manon Fargetton d’avoir donné corps à ce vieux fantasme !

Enora est une jeune femme de 20 ans, aspirante actrice, qui rentre chez elle pour fêter dignement son anniversaire et celui de son frère jumeau, entourée de sa famille et de ses amis. La fête tourne cependant au drame et la voilà forcée de fuir avec deux hommes, Charly et Julian, qu’elle ne connaît pas. Dans le même temps, elle découvre qu’elle a le pouvoir de creuser la terre afin d’ouvrir des passages vers le royaume d’Ombre, reflet de la Terre (nommée ici Rive), dont elle ne connaissait absolument pas l’existence. Ils y partent donc tous les trois et en trouveront leurs vies bouleversées
Ravenn, princesse du royaume d’Ombre, est en exil loin de chez elle. La voilà forcée à rentrer car sa mère la Reine se meurt, afin d’hériter du trône. 

L’héritage des Rois-passeurs m’a fait passer un excellent moment. On est dans un one-shot, le début est extra-précipité, forcément : on nous donne les informations essentielles, et l’action arrive très vite. Si cela m’a un peu perdue au départ, le rythme du livre ne s’en trouve que plus intense

Le style de Manon Fargetton est simple, elle privilégie beaucoup les émotions et les pensées de ses personnages, leur conférant à chacun une identité bien particulière. Elle ose pas mal de choses que beaucoup d’auteurs évitent, par peur peut-être de passer pour des fan-boys/girls. Déjà, elle plonge mains jointes dans tous les clichés du genre : surpuissance nouvellement acquise et rapidement maîtrisée, dragons, complots, retournements de situation, coïncidences, … Cependant, elle a suffisamment de talent pour que tout passe à merveille.
Elle rend des hommages appuyés à certains auteurs ? Soit, mais c’est fait avec grande classe. Une scène de sexe ? Pas de maladresses ou de romantisme fleur-bleue. Faire parler des Dieux ? Inventer un patois ? Elle maîtrise, merci.

Ma lecture ne me laissera pas un souvenir monumental, mais c’était « fun » et chose rare, elle m’a donné envie de lire Les illusions de Sav-Loar, qui se passe dans le même monde. Et je ne suis que bonheur quand je vois la qualité de la littérature de genres française ces dernières années. On vit une époque bénie !

VERDICT : PLUTÔT CULOTTÉ !

 

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Boudicca, Jean-Laurent Del Socorro

Illustration de couverture par Yana Moskaluk
« Angleterre, an I. Après la Gaule, l’Empire romain entend se rendre maître de l’île de Bretagne. Pourtant la révolte gronde parmi les Celtes, avec à leur tête Boudicca, la chef du clan icène. Qui est cette reine qui va raser Londres et faire trembler l’empire des aigles jusqu’à Rome ? À la fois amante, mère et guerrière mais avant tout femme libre au destin tragique, Boudicca est la biographie historique et onirique de celle qui incarne aujourd’hui encore la révolte. »
Genre : Historique
280 pages
« Alors que la rencontre avance vers son issue inévitable, j’observe, inquiète, l’absence de femmes dans les rangs des Romains. En nous soumettant à l’empereur Claudius, les rois renoncent à leur autonomie mais gardent leurs privilèges. J’ai le sentiment que les reines perdront davantage si elles ne font rien pour défendre leur place dans ce monde que l’aigle veut façonner à son image. »

 

Biographie historique et onirique : la formule ne pouvait pas être meilleure, tant elle est juste. Je ne connaissais pas vraiment le personnage de Boudicca/Boadicée/Boadicea avant de lire ce court roman, alors qu’elle est encore considérée comme un mythe national en Angleterre.

Nous sommes dans les premières années après J.-C., l’Empire Romain semble à son apogée et son pouvoir s’étend jusque l’île de Bretagne. Après avoir longtemps résisté, les habitants autochtones de l’île finissent par accepter de devenir des royaumes-clients de l’Empire. Cela veut dire qu’ils sont sous le joug de l’Empire, mais que les rois et reines n’en gardent pas moins un certain statut d’origine.

Les clans celtes.

Boudicca est la fille du roi des Icènes (Iceni sur la carte), puis à la mort de son père, la reine. Alors que son clan est indépendant durant son enfance, elle voit, dans sa vie d’adolescente et d’adulte, les Romains envahir ses Terres et passer des accords commerciaux avec les siens, ce qui les enrichit mais les met aussi face à certains problèmes : la soumission bien sûr, mais aussi les changements de mœurs ou purement culturels. Elle prendra plusieurs fois les armes contre eux, d’abord de manière relativement esseulée, puis petit à petit, réussira à faire naître un esprit de rébellion.

Boadicée et ses filles, Londres.

L’auteur, J.-L. Del Socorro, fait le pari audacieux de prendre pour matériel de base un personnage et des faits historiques sur lesquels on sait assez peu de choses (d’après ce que j’ai pu lire, les preuves archéologiques notamment, ne sont pas légions, tout comme les témoignages écrits), et d’y ajouter des éléments fictifs.
Il y distille ça et là quelques éléments de fantasy, et il faut dire que les histoires et légendes celtes s’y prêtent particulièrement bien – je pense notamment au Druidisme – puisqu’elles sont elles-mêmes souvent les inspirations de la plupart des romans de fantasy !
Sa plume est une belle découverte : il arrive à conserver cette distance (pourtant périlleuse) que le poids de l’Histoire demande, tout en réussissant à s’approprier l’héroïne, sans trop embellir le tout. Boudicca a sa part de mystères et de noirceur, et c’est une chose que j’ai fort appréciée.

Une très bonne recette, puisqu’on obtient un roman à la fois instructif, fort (quelle héroïne !), épique et à lire d’une traite.

VERDICT : HAUTEMENT RECOMMENDABLE !