La fureur de Frédégonde (#2 Les Francs Royaumes), Éric Fouassier

Genre : Historique 🇫🇷

585 pages

Note : 3 sur 4.

Chronique du tome 1 : Par deux fois tu mourras

« Après le meurtre de Sigebert, souverain d’Austrasie, les royaumes francs plongent dans l’instabilité. La veuve du roi défunt, Brunehilde, se retrouve prisonnière en territoire ennemi et séparée de ses enfants. Elle va devoir faire preuve d’astuce et de ténacité pour survivre et les retrouver. Dans le même temps, sa rivale Frédégonde, la louve de Neustrie, ne recule devant rien pour asseoir son pouvoir et éliminer, l’un après l’autre, ceux qui pourraient être tentés de l’abattre.

C’est dans ce contexte tendu que le jeune gallo-romain Arsenius Pontius est appelé à Tours par son parrain l’évêque Grégoire afin d’élucider une suite d’événements mystérieux, avec l’aide de sa compagne Wintrude : la disparition d’un clerc, survenue dans des conditions défiant toute logique, le miracle d’une relique se volatilisant sous les yeux de centaines de pèlerins, l’assassinat d’une moniale dont le cadavre est retrouvé au fond d’un puits, à deux pas du sanctuaire le plus sacré des Gaules.

Ressuscitant avec brio cet âge sombre qui fonda la France, où le meurtre, le sexe et la vengeance sont autant d’instruments de pouvoir, Éric Fouassier allie rigueur historique et inventivité romanesque pour emporter le lecteur dans une enquête trépidante. »

Près de deux ans et demi après avoir lu le premier tome de cette duologie historique, la boucle est enfin bouclée ! Ce second volume aura nécessité plus d’une semaine de lecture pour en venir un bout – le contenu est dense pour une non-historienne comme moi ! – mais cela fut un grand plaisir de retrouver cette époque (le premier siècle du règne Mérovingiens, soit VIème siècle) si rare en littérature.

Notre récit reprend là où le précédent s’était arrêté, à savoir en l’an 575. Les jeux de pouvoirs continuent entre nos trois territoires (Austrasie, Neustrie, Burgondie) constituant à eux (et à quelques frontières près) la Francia, prémices de notre pays. Alors que les reines Brunehilde et Frédégonde – personnages centraux du premier tome – continuent à se battre pour le pouvoir et leur propre survie, Arsenius coule des jours heureux avec Wintrude, dont il est tombé sincèrement amoureux après avoir appris à la connaître dans le premier tome. Bien vite cependant, il est rappelé à ses obligations auprès de son parrain l’évêque Grégoire, à Tours. Ce dernier est en effet aux prises avec un mystère incroyable : un clerc a disparu à l’intérieur d’une pièce sans issue et fermée à double-tour de l’intérieur. Qui aurait intérêt à nuire à l’abbaye ?

« – (…) Toute cette hypocrisie me laisse un goût amer. C’est précisément pour ne plus avoir à supporter ce genre de compromis que j’ai choisi de vivre une existence faite de simplicité, loin des palais royaux. En cela, je n’ai fait d’ailleurs que suivre le précepte de Plotin lorsqu’il affirmait : « Si vous vous plaignez tant de ce monde, vous n’êtes pas forcés d’en rester citoyen. » »

Nous retrouvons ainsi dans ce second volume tout ce qui faisait le sel du premier : un habile mélange entre enquête et Histoire avec un grand H, puisqu’Arsenius et ses modestes investigations ne sont qu’un prétexte – certes de grande qualité – pour récapituler chronologiquement la passionnante épopée des premiers rois et reines Mérovingiens.

Et encore une fois, l’auteur frappe fort de ce point de vue-là. Tout comme précédemment, nous sommes ici typiquement dans le genre de roman dont on ressort plein de nouvelles connaissances et perspectives. Si vous aimez les romans historiques fournis en informations, vous serez servis ! Ce début de haut Moyen-Âge qui flirte encore avec l’Antiquité par moment a en effet un goût d’inédit dans son contexte éminemment complexe entre toutes ces cultures (Wisigoths, Burgondes, Thuringiens, Alamans, etc.) qui se disputent les terres perdues par l’Empire roman d’Occident. J’avoue m’y être parfois un peu perdue mais rassurez-vous, l’auteur est un grand pédagogue et l’on sent à travers son texte la passion qu’il a mis dans l’écriture de cet ouvrage.

Les personnages historiques réels sont particulièrement bien incarnés dans ce volume, et notamment nos deux reines Brunehilde et Frédégonde, deux femmes qui semblent – c’est une interprétation, après – à la fois terriblement fortes de part leur intelligence et leurs pouvoirs et dans le même temps terriblement faibles de part leur sexe féminin (dans le sens où elles doivent sans cesse se battre pour se maintenir à leur rang). On suit avec délectation leurs machinations terribles car véridiques dans une escalade de violence sans fin. En revanche, il me faut avouer être davantage mitigée concernant Arsenius et Wintrude. Ce sont certes deux personnages intéressants, mais ici trop en retrait ; l’enquête à laquelle ils sont mêlés met bien trop de temps à démarrer et n’évolue que peu durant de nombreux chapitres. Ainsi, on ne peut pas affirmer que la tension règne en ces pages de ce point de vue-ci. Dommage, car le premier tome mêlait à mon sens plus habilement ces deux arcs et qu’ils sont tout de même nos personnages principaux.

Reste tout de même que de sa plume incarnée, l’auteur parvient à nous passionner pour cette période. L’ouvrage finit d’ailleurs sur une conséquente bibliographie dans laquelle il me tarde de piocher quelques idées de lectures !

En conclusion … Un roman historique d’excellente facture au niveau informatif, cependant parfois inégal lorsqu’il s’agit de son intrigue.

Ma toute petite culture a été ravie par ce second opus.


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