Le paria (#1 L’alliance de fer), Anthony Ryan

Genre : Fantasy 🏮󠁧󠁱󠁳󠁣󠁮󠁿

552 pages

Note : 3 sur 4.

« NĂ© dans le royaume troublĂ© d’Albermaine, Alwyn Scribe a Ă©tĂ© Ă©levĂ© par une bande de hors-la-loi. Vif d’esprit et habile au couteau, il aime la libertĂ© des bois et la compagnie de ses camarades voleurs. Jusqu’Ă  ce qu’une trahison l’entraĂźne sur le chemin du sang et de la vengeance, un chemin qui fera de lui un soldat dans l’armĂ©e du roi. PlacĂ© sous les ordres de Dame Evadine, une noble tourmentĂ©e par des visions peuplĂ©es de dĂ©mons, Alwyn doit survivre Ă  la guerre et aux intrigues mortelles de la noblesse pour obtenir vengeance. Mais tandis que les forces des tĂ©nĂšbres – humaines et surnaturelles – se liguent pour neutraliser Evadine, Alwyn va devoir faire un choix : deviendra-t-il un guerrier ou restera-t-il un paria Ă  jamais ? »

Anthony Ryan ne m’Ă©tait pas inconnu de nom, et il est mĂȘme plausible que j’aie sur ma liseuse une de ces sagas achetĂ©e au grĂ© d’une promotion ou quelque chose de ce genre. Pourtant, je n’avais jusque-lĂ  jamais pris le temps de me pencher sur son cas, ayant tendance Ă  penser qu’il Ă©crirait une fantasy excessivement axĂ©e sur l’action et trop peu sur le dĂ©veloppement de son univers. Autant vous dire que les premiĂšres pages du premier tome de cette nouvelle trilogie – L’alliance de fer – m’ont dĂ©contenancĂ©es.

Le paria du titre est le jeune Alwyn, qui sera aussi notre narrateur Ă  la premiĂšre personne. Nous le devinons Ă©videmment plus ĂągĂ© lorsqu’il nous raconte son histoire, mais sa narration commence alors qu’il n’est qu’un jeune adolescent membre d’un groupe de bandits qui rĂšgne sur les forĂȘts d’Albermaine. Sans vĂ©ritable attache si ce n’est ce gang de personnalitĂ©s en tout genre, il va de son naĂŻf regard d’adolescent observĂ© les tractations de pouvoirs entre les diffĂ©rents membres, jusqu’Ă  ce qu’une trahison vienne tout remettre en cause lors d’une nuit sanglante. S’ensuit alors un parcours semĂ© d’embĂ»ches pour enfin parvenir Ă  trouver sa place en ce monde.

« Je laissai Ă©chapper un grognement mĂ©fiant et me remis en chemin. Valet Ă©tait ennuyeux Ă  mourir quand il prĂȘchait Ă  propos des Martyrs, mais c’Ă©tait encore pire quand il parlait du FlĂ©au. 

– Il approche, ingrat, me lança-t-il. (Sa passion pour le sujet lui faisait oublier la prudence habituelle des bandits dans les bois.) AttirĂ© par les pĂ©chĂ©s et les vices de ce monde d’hypocrites ! Il ne t’Ă©pargnera pas ! Tout ne sera plus que feu ! Tout ne sera plus que douleur ! Tout redeviendra comme avant quand la grĂące des SĂ©raphiles nous sera refusĂ©e de nouveau…

À ce point du rĂ©cit, cher lecteur, tu crois peut-ĂȘtre que je vais te raconter ma rencontre tardive avec la foi. L’heure de l’Ă©piphanie Ă©tait-elle enfin arrivĂ©e ? Les prĂȘches de ce fanatique Ă  la cervelle embrumĂ©e allaient-ils ouvrir mes yeux Ă  la vĂ©ritĂ© de l’Alliance et guider mes pas vers la rĂ©demption ? »

Je le disais prĂ©cĂ©demment : je m’attendais dĂšs le dĂ©part Ă  un dĂ©luge d’action, et cela a Ă©tĂ© loin d’ĂȘtre le cas. Ici, Anthony Ryan prend le temps – voire trop de temps ? – pour installer son histoire. Le premier tiers s’attarde sur la vie d’un Alwyn adolescent, un peu libidineux et persuadĂ© d’ĂȘtre le plus malin d’entre tous. Si cela nous permet d’apprendre Ă  bien apprĂ©hender ce personnage moins mauvais qu’il aime Ă  se croire tout en nous faisant rencontrer des personnages qui vont compter pour la suite, je dois vous avouer m’ĂȘtre demandĂ© si cette lecture en valait la peine


Jusqu’Ă  ce que (enfin !) tout s’accĂ©lĂšre. Et alors là
 Je n’avais pas lu un roman – fantasy ou non – aussi Ă©pique depuis bien longtemps. Alors, soyons clairs, ce premier tome n’est pas exempt de dĂ©fauts. Il y a des facilitĂ©s scĂ©naristiques parfois franchement hallucinantes entre ces pages, mais Anthony Ryan sait indĂ©niablement manier sa plume. Ainsi, d’un roman de fantasy initiatique somme toute classique suivant un jeune bandit en devenir, nous passons Ă  un enchaĂźnement de combat mĂȘlant affrontements politiques, complots inextricables et omniprĂ©sence d’une religion qui semble mener le peuple par le bout du nez. Le tout est narrĂ© par le roublard Alwyn, un protagoniste ni bon ni mauvais qui va s’entourer de personnages secondaires tous trĂšs bien construits – et notamment un, la fameuse Evadine du rĂ©sumĂ©, qui lui volerait presque la vedette. À travers elle, le livre prend un tournant fortement mystique qui apporte une pointe d’originalitĂ© Ă  un univers relativement classique (europĂ©en/mĂ©diĂ©val).

J’attends en tout cas la suite de ce roman avec une certaine impatience, puisque au vu de la fin, tout reste Ă  refaire.

En conclusion
 Bon moment de divertissement !

â†Ș L’avis de La mĂ©nagerie du livre, qui compare Ă  raison ce livre Ă  un bon vin, ainsi que celui d’Alice Neverland, qui soulĂšve Ă  raison la lenteur de l’histoire.


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