Une affaire d’États : Octobre 1995, le juge Borrel est assassiné à Djibouti, David Servenay & Thierry Martin

Genre : Politique 🇫🇷

88 pages

Note : 4 sur 4.

« C’est sans doute l’une des affaires d’États les plus emblématiques de la Ve République : parce qu’elle implique notamment l’armée et les services de renseignements, sans oublier deux chefs d’États… Le premier, Ismaël Omar Guelleh, est toujours Président de la République. Le second, Jacques Chirac, n’a jamais livré sa vérité sur cette affaire… Depuis plus de vingt ans, une femme – Elisabeth Borrel – lutte pour obtenir sa part de vérité sur la mort de son mari. Plus les preuves s’amoncellent pour démontrer que son époux a bien été assassiné, plus les obstacles se dressent pour empêcher la justice de faire son travail. Soutenue par deux avocats et par une poignée de journalistes, parmi lesquels David Servenay, elle parvient néanmoins à renverser le cours de l’histoire… »

David Servenay, l’auteur de cette bande dessinée, est un journaliste et l’un des cofondateurs de la géniale Revue dessinée. Déjà aux manettes d’une autre BD que j’avais adorée il y a de cela quelques mois (La septième arme, avec Jake Raynal – non chroniqué sur le blog malheureusement), il me tardait de découvrir son expérience d’une affaire qui lui a coûté sa place de journaliste chez RFI : celle de l’assassinat du juge français Borrel, en 1995, à Djibouti. Une histoire qui mêle intérêts politiques et diplomatiques, corruption, mensonges dans les hautes sphères – et même nucléaire ! – le tout mâtiné du doux parfum de la Françafrique

Que cette affaire vous évoque ou non quelque chose importe peu, car l’œuvre s’adresse à tous. Publiée en 2018, elle entreprend en effet une synthèse claire des évènements de leurs tout débuts sous J. Chirac au plus récent rebondissement, à savoir la destruction apparemment malencontreuse de précieux scellés à même d’apporter des éléments de preuves indispensables, sous la présidence de François Hollande. On y croise de nombreux noms connus et on constate avec effarement qu’encore aujourd’hui, la vérité réclamée par toute une famille est sacrifiée au profit d’un silence drapé dans les atours du bien diplomatique. Encore une preuve que la bande dessinée, avec ce dessin sobre et totalement au service de ce qu’il raconte, est un format parfait pour synthétiser au mieux l’actualité dans son sens le plus large.

En conclusion… Une lecture édifiante ! À noter en toute fin, une interview de la veuve du juge Borrel, elle-même magistrate.

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