Library Wars #1 #2, Kiiro Yumi (d’après l’œuvre de Hira Arikawa)

Genre : Dystopie – 190 pages chacun

Note : 3.5 sur 4.

« À une époque où la loi d’Amélioration des Médias a instauré une chasse aux livres, les bibliothèques se sont dotées d’un corps militaire afin de les défendre. Par admiration pour un des membres de ce corps des Bibliothécaires (dont elle ne se rappelle pas le visage) qui l’a sauvée autrefois, Iku Kasahara intègre cette organisation. Mais au lieu du prince charmant de ses rêves, c’est un terrible instructeur qui l’attend… »

Avec un tel résumé, comment pouvais-je en tant que bibliothécaire passer à côté de cette lecture ? Bien souvent, les œuvres ayant pour sujets le monde du livre me déçoivent par leur côté fantasmatique. Ici, le sort est pour l’instant conjuré et de ce fait, Library Wars m’a fait passer un excellent moment.

L’histoire prend place plus ou moins de nos jours, dans un Japon qui a connu de récents bouleversements politiques. Parmi les plus notables, il y a le vote par le gouvernement en place de la loi d’amélioration des médias, qui cache sous une élégante appellation une censure pure et simple de tout document qui ne serait pas jugé conforme à la direction induite par le pouvoir. Ainsi, un comité dédié se dévoue à la chasse aux livres, que cela soit en bibliothèque ou en librairie. Pour contrecarrer ce phénomène, les directeurs de bibliothèques ont obtenu de ce même pouvoir en place – et à l’arrachée ! – la modification de la déclaration relative à la liberté des bibliothèques. Ainsi, ces dernières sont désormais dotées d’une organisation paramilitaire dévouée à la protection de celles et ceux qui renseignent et servent l’usager, ainsi que des œuvres en tant que telles. Les établissements répondent désormais, sous l’égide de la déclaration relative à la liberté des bibliothèques, aux commandements suivants :

1 – Les bibliothèques ont le droit de collecter librement des documents ;

2 – Les bibliothèques ont le droit de proposer librement des documents ;

3 – Les bibliothèques protègent la confidentialité de leurs lecteurs ;

4 – Les bibliothèques s’opposent à toute forme de censure injustifiée.

Ces deux premiers tomes nous posent donc les bases d’une histoire qui promet beaucoup, que ce soit globalement avec cet univers de plus en plus menacé par la censure, ou du point de vue des relations entre les personnages, qui devront quoiqu’il arrive former une équipe soudée.

De ce large et attrayant postulat de départ, nous allons nous recentrer sur quelques personnages parmi lesquels la jeune Iku Kasahara, une nouvelle recrue souhaitant intégrer le corps des bibliothécaires en tant que militaire, domaine plutôt très masculin. Athlétique, forte, cette novice est aussi une sacrée tête en l’air qui va devoir se battre pour prouver qu’elle n’usurpe pas sa place.

Iku est un personnage principal féminin qui m’a beaucoup plu. Elle a conscience de ses faiblesses, un peu de ses forces – cela fluctue selon son niveau de confiance à l’instant T – mais ne se démonte surtout jamais et fait preuve à chaque moment de courage et d’une soif d’apprendre rafraichissante. Elle a un côté un peu naïf qui fait que l’on s’attache à elle d’emblée.

Les seconds rôles ne sont pas en reste. Je retiens pour l’instant deux personnages masculins. Tout d’abord, le soldat Tezuka qui est une recrue tout comme Iku mais son opposé en tout point au niveau du caractère et de l’attitude. Lui n’est tourné que vers la discipline et la réflexion. Il est intéressant de voir ces deux profils de combattants s’opposer – souvent – et se compléter – parfois, ce qui met encore une fois bien en avant l’importance de la camaraderie et du travail en groupe nécessaire lorsque l’on représente une force d’opposition comme celle-ci. Ensuite, il y a le Lieutenant Dojo, le supérieur direct d’Iku. Ces deux-là ont une étrange relation, entre animosité et respect. On devine rapidement qu’un lien affectif va se former, ce qui apporte de la légèreté à l’ensemble.

En effet, si le ton est souvent humoristique et les sentiments des uns et des autres mis en avant, ces deux premiers tomes ne néglige en rien l’intrigue de fond, faite de censure et de combats pour la liberté d’accès à la lecture – et plus largement, à la culture. Les risques rencontrés par Iku, Dojo et les autres au quotidien sont incontestables et plus d’une fois, leurs vies seront en danger. Le tout est convaincant, on se met peu à peu à croire en cette histoire qui a priori pouvait sembler abracadabrantesque, tant et si bien que j’ai hâte de lire la suite afin de confirmer cette excellente première impression.

Puisqu’il faut tout de même un point négatif, parlons des phylactères… Je n’ai absolument rien à redire sur le graphisme, qui est classique et dynamique. En revanche, l’agencement des cases et de nos chères petites bulles m’a perdu plus d’une fois. C’est très franchement le capharnaüm à ce niveau !

En conclusion… Deux premiers tomes fortement appréciables, qui mettent pleinement en place une histoire qui s’annonce prenante.

↪ N’hésitez pas à vous manifester si vous avez chroniqué ces deux tomes initiaux.


9 réflexions sur “Library Wars #1 #2, Kiiro Yumi (d’après l’œuvre de Hira Arikawa)

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s