Les ombres de Whitechapel (#2 La Selkie), Megära Nolhan

Genre : Fantasy 🇫🇷

349 pages

Note : 4 sur 4.

Avis précédents :

Tome 1 : Le dernier oracle

Tome 1.5 : Le fantôme d’hiver

« Novembre 1888 

Toute la BPCM est aux trousses de Jack l’Éventreur, qui vient de commettre son dernier meurtre. Piégé, le tueur de Whitechapel saute dans la Tamise, mettant ainsi un terme à plusieurs mois de crimes sordides.

Août 2021

Plusieurs mois ont passé depuis la bataille du Loch Ness et, entre Jace et Bree, rien ne va plus ! La Selkie est sur le point de mettre l’Oracle dehors quand elle apprend une terrible nouvelle : Jack l’Éventreur, le célèbre tueur de Whitechapel, aurait frappé de nouveau. Jace et elle se précipitent à Londres et se lancent dans une course contre la montre. Leur mission : retrouver et arrêter Jack avant qu’il ne tue encore. Mais les souvenirs s’en mêlent ; à Londres, Bree retrouve son ancien coéquipier et amant, Keegan O’Ryan, désormais chef de la BPCM londonienne. Comment diable Jack a-t-il pu survivre à sa chute dans la Tamise, en 1888 ? Et quelle menace se cache derrière son retour ? »

Au début de la semaine, j’ai récupéré ma vieille liseuse Kindle 4ᵉ génération, près de dix ans de vie au compteur, ni tactile, ni rétro-éclairée. J’avais oublié à quel point elle était confortable et surtout, surtout ! : la qualité des écrans E-Ink d’Amazon écrase à mon sens toute concurrence, même sur des modèles anciens comme le mien. Dommage que le format de fichier utilisé par l’entreprise pose autant de problème.

J’ai en tout cas profité de ces retrouvailles pour adhérer à l’abonnement KINDLE, qui donne accès à l’emprunt – pour un peu moins de 10 euros/mois – de milliers de documents. Parmi les romans, on trouve un nombre particulièrement important d’autoédités (il paraît qu’Amazon paie bien dans ce cas précis et propose des outils de mise en page), ce qui est l’occasion pour moi de continuer quelques séries entamées via la plateforme de SP Simplement.pro que j’utilisais autrefois. 

Et parmi ces séries que je voulais absolument continuer, il y a La Selkie. Le premier tome avait frôlé le coup de cœur, déployant une fantasy urbaine efficace, autant tournée vers ses personnages que vers l’action et la progression d’une enquête crédible, dans un environnement détaillé. L’originalité résidait dans le personnage principal, Bree, une Selkie (résumé grossier : femme-phoque) ayant perdu sa peau. 

Ce second tome nous propulse quelques mois après les évènements du tome 1 et 1.5 pour celles et ceux qui l’ont lu, c’est-à-dire à la fin de l’été. Bree et Jace sont brouillés ; ils vivent toujours en colocation, mais ne s’adressent plus la parole, à leur grand désespoir sauf peut-être pour se hurler dessus et aggraver davantage la situation. Cela les attriste beaucoup, car ils ont tous les deux clairement envie de dépasser le simple stade de l’amitié – mais la fierté de Bree et l’immaturité de Jace n’aident pas du tout. 

Côté professionnel, rien n’est rose non plus. Alors qu’elle pensait le légendaire tueur – qui s’avère une tueuse – Jack l’éventreur mort noyé, Bree découvre avec stupeur qu’il frappe à nouveau. Le temps est compté si la BPCM veut éviter d’autres victimes, et ce sont Jace et Bree qui sont dépêchés sur place afin d’enquêter sans faire de vagues.

« La sensation fût telle que les larmes lui montèrent aux yeux. Sa poitrine se serra et une boule familière se lova dans son ventre. Son instinct de Selkie s’anima et s’agita, réclamant un besoin refoulé. Courir dans la mer, respirer l’air iodé, jouer avec les vagues. Elle serra Jace un peu plus fort. C’était le plus beau cadeau qu’il pouvait lui faire. »

Ne tournons pas autour du pot : ce second tome est une réussite. C’est un univers dans lequel j’ai pris un immense plaisir à me replonger ; Megära Nolhan connait son monde et ses personnages sur le bout des doigts et on sent tout au long de la lecture que rien n’est laissé au hasard. L’idée de s’approprier le « mythe » de Jack l’Éventreur est franchement osée et apporte une ambiance sombre qui contrebalance à merveille l’importance laissée à la place des sentiments confus régnants entre Bree et Jace. Le fait que l’autrice choisisse de s’appuyer sur cette histoire plutôt connue est maligne ; en effet, il m’a semblé que mon imagination à ce sujet jouait sur une grande part de la narration. On sait que l’affaire Jack l’éventreur, dans l’imaginaire collectif, est violente, on en connait les grandes lignes. On sait qu’un potentiel retour de ce personnage est dramatique. Ceci étant établi, Megära Nolhan laisse en partie le cerveau de son lecteur faire ce « travail » en lui donnant ce fil rouge, pour prendre le temps de davantage se concentrer sur les deux personnages principaux : Bree et Jace. La dynamique de leur relation est véritablement le centre de l’histoire. Bien sûr, il y a un aspect romantique à cela ; mais au-delà du romantisme, la présence de l’un.e dans la vie de l’autre est aussi intrinsèquement lié à la trajectoire individuelle de chacun, notamment dans le cas de Bree qui trouve dans la vie humaine un nouvel intérêt, ce qui change complètement ses perspectives et pourrait bien avoir des effets inattendus sur la fin de cette histoire. 

C’est ce qui m’amène d’ailleurs au point suivant. Ce second tome est tout de même assez transitionnel ; l’enquête est intéressante, les rapports Jace/Bree sont prenants, mais c’est un opus d’installation pour le final. Il n’y a ni longueurs, ni ennui, mais on sent parfois les ressorts se mettre en place. Néanmoins, le style de l’autrice est très bon ; le fait qu’elle ait fait le choix de la troisième personne m’enchante, puisque cela permet davantage de s’attarder – dans ce genre de la fantasy urbaine en tout cas – sur le descriptif et la mise en contexte, là où un « je » nous enferme trop souvent dans l’immédiateté. 

Pour être honnête, et après une intense bataille avec moi-même, je m’accorde un livre « de pause » et j’enchaîne directement sur le tome 3 : impossible d’attendre davantage pour connaître la fin !

En conclusion… Un excellent second tome, qui confirme mon excellente impression sur cette série autoéditée qui n’a rien à envier au circuit officiel. Si vous n’avez toujours pas lu le premier tome, foncez !

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