Royal Assassin (The Farseer trilogy #2), Robin Hobb

assassin royal 2Chronique du tome 1

752 pages

Genre : Fantasy

bien aimé

« The second volume in Robin Hobb’s internationally bestselling Farseer series, now reissued in gorgeous new livery. Fitz dreams of Red-Ship Raiders sacking a coastal village, leaving not a single man, woman or child alive. Tortured by this terrible vision he returns to the Six Duchies court where all is far from well. King Shrewd has been struck down by a mysterious illness and King-in-waiting, Verity, spends all his time attempting to conjure storms to confuse and destroy the Red-Ship Raiders. And when he leaves on an insane mission to seek out the mystical Elderings, Fitz is left alone and friendless but for the wolf Nighteyes and the King’s Fool with his cryptic prophesies. »


Bon, je reprends ma respiration. La relative noirceur de ce tome m’a laissé pantoise, alors même que je m’attendais à un univers moins « difficile ». Avec peu d’action, si ce n’est quelques scènes au climax important, Robin Hobb m’a tenu en haleine 752 pages sans longueur ni remplissage. Royal Assassin n’est pas à proprement parler un tome de transition, mais plutôt un tome contemplatif au possible, nous immergeant au plus profond du mal-être et de la solitude de Fitz, notre héros-narrateur, forcé de grandir trop vite.

L’histoire reprend quelques mois après le point final du tome 1. Pour rappel, Fitz, après avoir essuyé deux tentatives d’empoisonnement à la suite, était bien mal au point au Royaume des Montagnes. Il s’y trouve toujours, convalescent, en proie à des crises de tremblements incontrôlables. Etant dans une position fragile, il refuse de retourner à la Cour de Castelcerf ainsi. C’est Burrich, le maître du chenil, encore une fois vrai père de substitution, qui va le convaincre que sa place est là-bas.

Fitz revient donc à Castelcerf et reprend progressivement le cours de sa vie ; étant l’homme lige du roi, il exécute les missions que la Couronne lui soumet. Robin Hobb en profite pour interroger l’amour filial et la fidélité : peut-on faire une confiance aveugle aux personnes de son sang quand celle-ci ne vous considèrent qu’à moitié ? Fitz, dont le dévouement envers les Farseer et plus largement la Couronne a toujours été sans faille, s’interroge, et esprit tourmenté qu’il est, s’enfonce dans la solitude la plus totale, persuadé que personne ne comprend son point de vue.

Plus largement, c’est toute la famille royale qui est en crise. Les côtes sont toujours menacées par les Pirates Rouges, envahisseurs lointains et donc inconnus, terrifiants. Politiquement, la situation est catastrophique : le peuple ne croit plus en sa famille régnante, et Fitz, souvent mêlé aux gens du commun, sent le vent tourner. Il s’évertuera durant tout le récit à prévenir la situation du mieux qu’il le peut, sans grand succès. La situation de Fitz, affilié à la famille royale autant qu’au peuple du château (n’a-t-il pas passé une partie de son enfance à dormir dans les écuries ?), et les deux points de vue qu’elle génère, permet à Robin Hobb de mettre en avant de manière intelligente le décalage qui existe entre aspirations du peuple et réalités politiques.

Il y a toujours beaucoup de personnages plaisants dans ce tome 2. Burrich, Verity, Le Fou bien évidemment, apporte du piquant à l’histoire. Regal, fils du roi dévoré par l’ambition du pouvoir, est LE personnage détestable qui nous plonge à chaque apparition dans en effroi considérable, tant il est retors.

Mais le personnage emblématique, c’est Kettricken. Epouse choisie pour Verity par intérêt stratégique, Oblat du Royaume des Montagnes, jeune reine en devenir perdue loin de chez elle, à la fois forte et fragile, sincère et stratège implacable. Elle m’a émerveillé lors de deux scènes très fortes notamment, en retournant habilement chaque situation à sa faveur. Je la vois tout à fait tenir une place encore plus importante dans les tomes à venir !

Niveau magie, on parle toujours de Vif et d’Art. Si l’Art ne m’avait pas fait une impression folle lors du premier tome, je change un peu d’avis. C’est un système ouvrant sans cesse à de multiples possibilités : qui écoute les pensées des uns ? Des autres ? Qui trahit sans le vouloir des secrets ? L’Art permet à Robin Hobb de rebattre les cartes subtilement, en nous laissant toujours un peu plus dans le flou.

Le Vif (je l’avais déjà souligné dans ma chronique du tome un) me plaît énormément. Je trouve qu’il donne lieu aux plus belles scènes du livre. Je rappelle qu’il s’agit de la magie liant un être humain à un animal, jusqu’à pouvoir partager le corps et les pensées de l’autre en ne faisant qu’un. Fitz, après avoir perdu tous ses anciens fidèles compagnons de Vif dans le tome 1, va sans le vouloir se lier à nouveau. Je n’en dis pas plus, mais on saisit ici vraiment tout ce que le Vif implique, pour le meilleur, mais aussi pour le pire. Je ne doute pas que cette forme de magie, extrêmement mal vue par toute la population des Six-duchés, sera un des thèmes principaux des tomes à venir.

Que dire d’autre ? Ne vous laissez pas rebuter par l’atmosphère lente de ce tome, il met du temps à démarrer, à s’apprivoiser, mais il en vaut la peine 😉 ! Robin Hobb continue lentement sa construction de la toile d’une histoire qui pousse toujours un peu plus loin dans la complexité et la noirceur, pour le plus grand plaisir des lecteurs.


 

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