La planète aux vents de folie (Les premiers temps #1 – La romance de Ténébreuse), Marion Zimmer-Bradley

La-planete-aux-vents-de-folie« Égaré dans l’espace à la suite d’un orage gravitationnel, un astronef s’écrase sur une planète inconnue. Les survivants – des membres de l’équipage, des pionniers que le vaisseau transportait vers une colonie lointaine au fond des étoiles – pourront-ils le réparer et repartir vers leur destination initiale? Ils n’ont d’autre moyen d’y arriver que de reconstituer les machines nécessaires à partir des matériaux locaux, au risque de détruire l’écologie de la planète. Mais voici que se lèvent les vents de folie apportant avec eux des pollens aux mystérieux pouvoirs. Parmi les survivants, certains veulent s’établir sur place, abandonner la civilisation industrielle et s’adapter à cet environnement étrange. Ils doivent apprendre le prix à payer pour que cette étrange planète consente à les accepter dans son sein. »


Ouvrir un blog et en parcourir d’autres m’aura permis d’affiner mes goûts, et surtout de me rendre compte qu‘il me reste TANT de « grands classiques » à lire. Et en termes de SF, Ténébreuse est un sacré morceau. Poursuivie par l’autrice sur plus de cinquante ans, comptant une quarantaine de nouvelles et de romans, cette saga ambitionne de nous raconter la colonisation d’une nouvelle planète et la destinée des hommes et des femmes qui la composent, sur plusieurs milliers d’années.

Plus ou moins de nos jours, la Terre est polluée, surpeuplée (pas de SF jusque là), et la race humaine poursuit une politique de colonisation spatiale : elle cherche des planètes habitables, et les investit. Un astronef transportant un équipage de bord militaire, mais aussi des scientifiques de toutes spécialités et des colons vient de se crasher sur une planète inconnue, alors qu’il se rendait sur une planète répertoriée. Pas le temps de tergiverser, il faut penser à la suite, enterrer les morts, panser les plaies et réparer pour décoller à nouveau. C’est à ce moment précis que débute le récit, sans scène de crash spectaculaire.

Marion Zimmer-Bradley préférera s’axer sur l’humain, en suivant le point de vue et les pensées de plusieurs personnages. Parmi les plus représentés, nous avons d’abord Rafael MacAran, un géologue membre des colons. Il mettra vite ses compétences au service de la communauté des survivants, en explorant les alentours des lieux du crash, qui a coûté la vie à sa soeur. Il fera rapidement parti de ceux qui éprouveront de l’attachement et de la curiosité envers cette planète inconnue. Ensuite, il y a Camilla Del Rey. Un personnage que j’ai beaucoup aimé. Une femme militaire, très indépendante, conditionnée à la tâche qui est la sienne. Esprit brillant, elle se rend rapidement compte que ses grandes compétences, utiles pour apprendre à connaître et appréhender ce nouvel environnement, ne seront pas suffisantes pour remettre en marche l’astronef, et plus globalement, le seul environnement qu’elle connaissait.

Le récit, court, comporte peu d’action et énormément de phases d’exploration, de compréhension de la faune, de la flore et de dialogues résultant de ces découvertes. C’est passionnant sans être complexe, et l’on se dit qu’il faut vraiment penser à une multitude de détails pour mettre en route une si petite société. C’est le grand point positif du démarrage de cette saga. Rajoutons à cela le fait que cette nouvelle planète semble faire revenir – par le biais d’un pollen – chez les Hommes certaines capacités oubliées & le récit se pare d’enjeux bien plus fantastiques encore.

Si je ne devais citer qu’un point négatif, cela concernerait les ellipses temporelles. Celle-ci sont parfois « imprécises« , car on ignore alors si plusieurs semaines ou quelques jours se sont passés. Cependant, l’autrice l’a dit elle-même, son style et sa précision se sont améliorés avec le temps. En dehors de cela, sa plume est fluide, agréable, et parée de vraies interrogations (j’ai particulièrement apprécié le point de vue du jeune prêtre, pour celles et ceux qui l’aurait lu). On jongle habilement entre les différents personnages, chacun restituant un point de vue amenant des problématiques différentes.

Je compte clairement continuer ma lecture de ce grand cycle, et même si je n’escompte pas retrouver les mêmes personnages par la suite, l’envie de savoir ce que les descendants vont faire, accomplir, devenir, me rend très curieuse.


253 pages                  Genre : Planet-opera

 

 

Y a-t-il une loi stipulant qu’une planète inexplorée est nécessairement dangereuse ? Peut-être est-ce seulement parce que nous sommes si tributaires de la vie dénuée de tous risques que nous menons sur Terre que nous redoutons de faire le moindre pas hors du confort et de la sécurité de notre technologie.
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7 réflexions sur “La planète aux vents de folie (Les premiers temps #1 – La romance de Ténébreuse), Marion Zimmer-Bradley

    • Oui 🙂
      C’est même un peu plus compliqué que cela. Ce premier tome est SF, la suite de la saga est plus fantasy (car les Hommes de Ténébreuse sont retournés à un style de vie plus « basique », ayant oublié les technologies), puis on revient ensuite à nouveau à de la SF.
      Tu dois avoir Les dames du Lac dans ta Wish non ? J’en garde un grand souvenir ❤

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